Qualité de l’air : la France rappelée à l’ordre par Bruxelles !

France Nicolas Hulot

La France a été convoquée à Bruxelles par la Commission européenne mardi 30 janvier pour se justifier quant au non-respect des normes européenne sur la qualité de l’air. Nicolas Hulot qui y représente la France devait préciser les mesures structurantes qu’il mettra en œuvre dans le cadre de la future loi sur les transports pour réduire le trafic routier et développer les alternatives à la voiture individuelle.

En attendant de voir les effets concrets de cette convocation, le Réseau Action Climat, qui fédère les associations impliquées dans la lutte contre les changements climatiques et pour une transition écologique, solidaire et équitable, relève un certain nombre d’incohérences. Incohérences qui pour eux

Pollution de l’air : le chantier de la mobilité est inachevé

Le gouvernement a marqué des points contre la pollution de l’air en augmentant la fiscalité du gazole en 2018 et en baissant les limitations de vitesses sur les routes, mais il n’a pas encore pris de mesures structurantes pour développer les solutions alternatives au transport routier. Il a pris des décisions contradictoires avec l’objectif visé de favoriser les modes de transports moins polluants en réduisant à peau de chagrin le bonus pour les vélos à assistance électrique et en maintenant un avantage fiscal au gazole pour les camions qui représentent pourtant une cause majeure de pollution de l’air.

Selon Réseau Action Climat, Nicolas Hulot doit préciser ses intentions pour mettre la future loi sur les transports au service de la mobilité durable. Ses représentants proposent même des mesures concrètes pour améliorer la qualité de l’air et la santé de tous :

  • Soutenir financièrement les collectivités dans leurs projets de transports publics et vélo au moyen d’un appel à projet en vue de généraliser les villes à basses émissions
  • Renforcer les aides au changement de comportement comme l’indemnité kilométrique vélo obligatoire et le bonus pour les vélos à assistance électrique
  • Encourager le transport ferré des marchandises et supprimer les avantages fiscaux des énergies fossiles et du gazole routier en particulier
  • Abandonner les projets de nouvelle infrastructure routière qui auraient pour effet d’empirer la situation dans le cadre du schéma d’orientation des infrastructures de transports qui est sur le point d’être décidé. .

La pollution de l’air reste catastrophique, notamment à cause du Dieselgate

Le revoilà ! Le Réseau Action Climat s’attaque à la pollution aux particules fines qui est responsable de 48 000 décès prématurés chaque année en France. En 2016, 16 agglomérations ne respectaient toujours pas les normes en dioxyde d’azote (NO2) en 2016 et trois d’entre elles ne respectaient pas les normes limitant les particules fines PM10(1). Les transports représentent l’une des principales sources de pollution dans les zones concernées par les contentieux.

Pour eux aucun doute, la persistance de la forte concentration de pollution au NO2 s’explique notamment par le diesel et le scandale du DieselgateDes chercheurs ont calculé que les dispositifs destinés à minimiser le niveau réel des émissions des véhicules étaient responsables de 38 000 décès en 2015 dans le monde.

En France, plus de 5 millions de voitures récentes sont restées en circulation alors même qu’elles émettent plus de 5 fois le niveau des normes. L’Etat devrait imposer aux constructeurs de rappeler les véhicules pour corriger leur niveau de pollution et réduire les risques sanitaires. Les associations qui composent le Réseau Action Climat ont demandé la relance de la commission technique pour poursuivre le travail d’investigation indépendant sur les émissions des voitures et l’élargir aux poids lourds car ils sont également touchés par un scandale de tricherie sur l’adBlue.

La France a pris énormément de retard dans ce domaine en repoussant la transition énergétique dans les transports de personnes et de marchandises. Il est dommage que le Réseau Action Climat ne défendent les intérêts de solutions alternatives avec un pouvoir de lobbying. Aucune mention n’est faite des solutions NVEI. En attendant, au Gouvernement de répondre.

La réponse du ministre Nicolas Hulot

« Une quinzaine de territoires en métropoles et en outre-mer sont concernés par des dépassements réguliers des pics de pollution. (…) Nous devons absolument inverser cette tendance rapidement », a déclaré Nicolas Hulot, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion à Bruxelles.

Le ministre prévoit de rencontrer dans les semaines à venir des responsables de « régions et territoires » concernés par les pics de pollution afin de discuter de plans d’action supplémentaires.

« Il faut que chacun prenne sa part de responsabilité », a-t-il souligné.

(1) http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Datalab/2017/Datalab-26-bilan-de-la-qualite-de-l-air-en-france-en-2016-oct2017.pdf

Autobiz_LeMobiliste