Pollution : qui est l’ennemi ?

Nuage de Pollution

Les jours se suivent et malheureusement se ressemblent. A la grisaille et au froid s’ajoutent dans plusieurs métropoles françaises les pics de pollution. L’imagerie populaire alimentée par un certain nombre de médias voudrait que s’opposent « autophobes » et industrie automobile au sens large, celle qui emploie pratiquement un actif sur dix en France. Pourtant, les solutions pour les faire cohabiter existent, et sont françaises de surcroît. Elles peuvent dès aujourd’hui nous éviter de vivre en apnée.

Certes, les seuils d’alerte et de déclenchement d’information, voire de mesures coercitives, ont été abaissés. Eviter la démagogie impose également de rappeler qu’en moyenne, la circulation automobile ne pèse que pour 20% de la pollution atmosphérique dans les grandes agglomérations. En précisant au passage qu’à proximité des grands axes urbains, le trafic des véhicules personnels représente alors plus de la moitié de l’origine des particules fines, les fameuses PM10, bien plus pour les oxydes d’azote.

Ce postulat étant établi, que faisons-nous ? Devons-nous continuer à voire s’écharper par presse interposée les défenseurs de la Liberté, dont les jugements sur les dispositions prises par les pouvoirs publics s’illustrent par leur violence, et les écolos-bobos-nihilistes qui rêveraient d’un monde sans voiture ? Deux exemples prouvent que le bon sens permettrait tout de suite de pallier les risques sanitaires qui planent sur nos bronches.

Tout d’abord, il serait de bon aloi que les décideurs publics et privés se penchent sérieusement sur la question du covoiturage domicile-travail. Des startups comme Wayzup et Karos se disputent ce marché. Attardons-nous sur les résultats de six mois d’expérimentation conjointe entre Karos et le STIF.

En effet, l’Autorité organisatrice des transports publics en Île-de-France a intégré depuis juillet 2016 l’offre de « court-voiturage » (Attention ! expression déposée) et multimodale au Pass Navigo. Mieux, les possesseurs de l’ex-Carte Orange se voyaient rembourser les trajets effectués en covoiturage. La startup vient de rendre publiques quelques données qui sont plus qu’éloquentes : l’intégration du « court-voiturage » aux transports en commun ferait gagner jusqu’à 40 minutes par jour !

Ce n’est pas tout : près des trois quarts de « court-voiturages » multimodaux relient Paris et sa banlieue, relançant les interrogations dont nous faisions écho ici-même quant à la pertinence et au coût du Grand Paris Express. Inutile de revenir sur la gabegie budgétaire que sont les subventions aux transports franciliens, sans lesquelles le prix du titre de transport serait au minimum doublé. Notons par ailleurs que les deux-tiers des trajets réalisés via l’application Karos ont pour origine ou destination un lieu situé à plus de 10 minutes à pied d’une gare ferrée.

Autre exemple qui mérite une attention pragmatique : le lancement en mars prochain de Knot dans quelques villes du sud des Hauts-de-Seine. En effet, les habitants de Clamart, Châtillon et Montrouge pourront louer les trottinettes géolocalisées et partagées de la startup strasbourgeoise, qui a par ailleurs signé avec la Deutsche Bahn… Excusez du peu ! Les quatre associés ont également attiré l’intérêt de BMW et ont pu tester grandeur nature leur procédé pendant trois mois à New York…

Reprenons. Le covoiturage domicile-travail réduit le temps de transport ainsi que la pollution atmosphérique due au trafic automobile. D’autre part, les solutions de substitution pour le fameux dernier kilomètre, qu’il soit côté domicile ou côté travail, existent. Ne s’agit-il pas là d’une cause nationale, qui mériterait que tous les acteurs des mobilités travaillent ensemble, pour le bien de la collectivité ? Car tous, nous sommes leurs clients.

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