Où en est le free-floating en France ?

free-floating bikes

Scooters électriques, vélos et trottinettes électriques s’attaquent au free-floating. Le mot est tendance mais que se cache-t-il derrière ? Où en est ce marché en France ? Quelles sont ses limites et ses axes d’amélioration ?

Qu’est-ce que le free-floating?

Le free-floating peut être traduire littéralement par « libre flottant », comprenez un engin disponible quand vous voulez et où vous voulez. Ne dépendant d’aucune borne ni station. Nous mettrons de côté l’automobile dont nous avons déjà beaucoup parlé. Vous connaissiez les scooters COUP ou Cityscoot ? Et bien les vélos et les trottinettes électriques se joignent à la fête et ce, partout en France. Pour matérialiser nos propos nous axerons la plupart de nos exemples marché sur le vélo, passion de votre serviteur. Désolé.

En ce qui concerne les vélos que vous voyez partout en ce moment dans vos villes, l’idée est née d’étudiants Chinois désirant partager des vélos entre eux sans aucune contrainte. L’idée a vite été reprise par des startups en Chine, à Singapour et à Hong-Kong. OFO le premier en 2014 et rapidement suivi par les concurrents, Mobike et Obike. D’abord développé en Asie, le marché s’est rapidement implanté en Europe, notamment en Allemagne, en Italie et au Royaume Uni. La France, fait partie des derniers pays à avoir ouvert les portes à ce concept. La situation est assez similaire sur le marché des scooters et des trottinettes en libre service.

Le principe est simple. A l’aide d’une application, vous géolocalisez la machine, vous la déverrouillez et en quelques secondes, vous voilà sur la route. Une fois arrivé à destination, vous la stationnez sur la béquille, disponible pour l’usager suivant. Alors dans l’idée c’est fantastique mais dans l’application c’est parfois plus compliqué, focus.

Sa situation en France

A l’heure où les Vélib’ tardent à s’installer sur la capitale et qu’Autolib s’est arrêté assez brutalement, les scooters, vélos et trottinettes électriques (Lime Bike et Bird) en free-floating ont pignon sur rue. Le contraste est saisissant. En effet, nous voyons fleurir dans plusieurs ville de France de drôles d’escadrons de vélos bariolés de couleurs plus flashy les unes que les autres et des quadragénaires fendant l’air sur des patinettes électrifiées. Oui, des patinettes électrifiées. Pour les uns comme pour les autres, le succès est immédiat. les Français apprécient la facilité d’utilisation, l’absence de bornes et d’abonnement. Les engins sont relativement légers et agréables à rouler, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Oui mais voilà. C’était sans compter sur la négligence de certains usagers ainsi que le vandalisme dont sont victimes les machines. Déjà au lancement en Asie, les vélos ont la vie dure et se retrouvent souvent endommagés et inutilisables. Plutôt que d’assurer une maintenance sur plusieurs centaines de milliers de vélos, les enseignes préfèrent s’en débarrasser et les remplacer par des neufs puisque leur coût de production est très faible. Résultat ? Des cimetières géants à ciel ouvert, preuve que le problème est récurrent. Une autre question interpelle, que deviennent-ils ? Que font-ils de tous ces vélos ?

Cimetière vélo

Pollution et vandalisme

Au même titre qu’en Asie, les Français n’épargnent pas les machines et forcent même certaines marques à arrêter comme Gobee.bike qui a quitté la France.

Au delà du vandalisme se pose le problème du stationnement. Bien souvent abandonnés au milieu de la chaussée, ils deviennent plus encombrants que pratiques et gênent piétons et riverains. Pourtant les enseignes s’installent rapidement car le marché est porteur. A Paris, 3 acteurs sont présents, multipliant le nombre de vélos sur les trottoirs. Nous pouvons y ajouter 2 marques pour les scooters électriques et depuis peu 2 autres pour les trottinettes électriques. Nous ne sommes qu’au début de cette ère.

Projetons-nous. Aujourd’hui, Nous comptabilisons plus de 10 millions de vélos flottants dans le monde entier, imaginez l’ampleur de la situation. Si bien qu’une réglementation obligeant les marques de disposer d’une licence pour s’implanter est en discussion. Il ne faut pas prendre le problème à l’envers. Si les vélos se retrouvent échoués un peu partout, c’est bien parce qu’il y ont été mis.Il faut donc que les usagers apprennent à les stationner avec respect. Tout est affaire d’éducation et pour cela il y a encore et toujours la loi. 

Les marques obligées de réagir

Afin de contrer les dégâts infligés aux vélos, certaines marques de free-floating ont su réagir et adapter leurs vélos à la contrainte. Mobike, par exemple, a perdu beaucoup de vélos à Hong Kong à cause du vandalisme. Ils se sont adaptés avec des vélos aux lignes atypiques et à la conception plus robuste.

Le choix de roues à bâtons plutôt que les traditionnels rayons vient du fait que la plupart des vélos en libre service sont verrouillés à l’arrière par un cadenas passant entre les rayons. Ce système présente des faiblesses et se libère sous la contrainte au prix de plusieurs rayons ce qui affaiblit la roue et empêche parfois d’utiliser le vélo. Avec les bâtons, plus de problèmes. Le cadre, lui aussi, présente quelques différences car les roues sont accrochées au cadre uniquement par un point et non deux comme sur les vélos classiques. Ils rappellent les VTT Laïti sortis dans les années ’80. Cela permet une maintenance facile et rapide en cas de dommages.

VTT Laïti
VTT Laïti
Vélo Mobike free-floating
Vélo Mobike free-floating

Des acteurs plus modestes réagissent également comme Pony Bikes, installé notamment à Angers, avec des pneus increvables puisque dépourvus de chambre à air, d’une chaîne camouflée dans une gaine afin d’éviter une usure rapide et d’un cadenas renforcé. Egalement désireux de bien faire, ils préfèrent maîtriser leur implantation en Europe.

Grâce à des « processus de gestions de flottes robustes, un service client efficace ainsi que des équipes locales dédiées » nous confie Guillaume, Op. Manager pour la marque aux vélos bleus. Un exemple à suivre. C’est effectivement ainsi que devrait être géré tous les engins de mobilité en free-floating et ce qui a manqué à Gobee-bike. Du matériel de qualité, adapté à l’usage fréquent des machines, résistant aux écarts de conduite mais aussi une application mobile fiable et réactive. Ne jamais négliger l’outil mobile, son ergonomie et sa stabilité feront sur le long terme la différence.

Pony bike free-floating
Pony Bikes free-floating

Les acteurs du scooter électrique et des trottinettes en libre service ne s’y sont pas trompés ou peut-être que si. La suite de leurs aventures bientôt.

En bref, ce marché est en plein essor mais il est très jeune. Son usage doit encore rentrer dans les moeurs. Les acteurs  du free-floating apprennent de leurs erreurs et s’adaptent en conséquence. Avec des outils plus costauds et des flottes mieux gérées, l’avenir de la mobilité individuelle en libre service n’est pas en danger. Il reste encore aux usagers à apprendre à partager la voie, à se garer dans le respect des autres et aux agglomérations d’aménager plus d’espaces de stationnements. Les astres sont alignés.