Hyperloop, un sujet en boucle

Souvenez-vous ce 12 août 2013, quand l’ineffable Elon Musk officialisait sur les blogs de Tesla Motors et de SpaceX son concept Hyperloop. A coup de schémas et de visuels, l’Iron Man des années 2000 détaillait ce que pourrait être son idée de train à très grande vitesse, devant relier Los Angeles à San Francisco en 30 minutes, en lévitation sur un champ magnétique et propulsé à près de 900 km par heure. Le tout pour 6 milliards de dollars.

Comme chacun sait, Musk n’est pas un « Géo Trouvetou » moderne, désintéressé et philanthrope. Le patron de Tesla envisage toujours ses idées, même les plus folles, sous le prisme d’une faisabilité et d’une rentabilité (sur le papier) acceptables. Selon les chiffres disponibles sur la Toile, son projet trans-californien coûterait dix fois moins cher qu’une ligne de TGV. Est-ce pour cette raison que la SNCF et 137 autres investisseurs ont mis la main à la poche pour abonder dans le capital nécessaire au développement ?

Après un essai surmédiatisé dans le désert du Nevada en mai 2016, il aura fallu attendre la dernière trêve des confiseurs pour réentendre parler d’Hyperloop One, la structure qui développe le projet. Et avec quel retentissement : ce ne serait ni plus ni moins que la Road and Transport Authority de Dubai qui s’intéresserait au projet, pour une liaison entre l’émirat et la capitale de celui d’Abu Dhabi. Une liaison de 123 kilomètres qui serait effectuée en moins d’un quart d’heure. De quoi décoiffer les camélidés du cru…

D’autres pistes sont à l’étude pour transporter à pratiquement la vitesse du son une trentaine de passagers encapsulés dans un tube à basse pression. Un appel d’offres auquel plus de 2 600 startups et universitaires ont répondu vient de rendre sa shortlist de 35 demi-finalistes. Hyperloop One en fait partie, retenu pour les liaisons Chicago-Pittsburgh aux États-Unis et Londres-Edimbourg en Grande-Bretagne. Les deux capitales seraient joignables en 45 minutes, à peine le temps d’enregistrer ses bagages à Gatwick et de boire un café… Londres-Manchester, au nord de l’Angleterre, en 18 minutes seulement !

Mais comme le pointait Gilles Dansart dans un entretien donné au site Atlantico, le retour sur investissements est encore sujet à caution, en Europe surtout. Si l’on peut accorder une certaine légitimité à la construction d’un Hyperloop à travers les dunes de sable de la péninsule arabique, le doute est permis en nos contrées où « les caisses sont vides ». Le spécialiste des transports note également que les conditions de sécurité ne sont pas toutes réunies, pour qu’une capsule ne percute pas la suivante en cas de panne de celle-ci.

Si les aspects économiques et sécuritaires laissent dubitatif, l’intérêt pour cette solution semble partout dans le monde réel. Avec le talent pour maintenir le suspense et l’attention, Elon Musk nous tiendra en haleine tout le long de cette année pour un essai à Las Vegas sur une plus grande distance, pratiquement en condition réelle. A suivre…

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