Mademoiselle, t’es grave charmante…

Ça va de « Oh Mademoiselle ! T’es grave charmante, viens, donne-moi ton numéro » à « Ouais, espèce de salope, vas-y, viens, parle-moi… » .  C’est pas nécessairement des mots, les premiers trucs, genre ils sifflent… S’ils sont plusieurs, ils parlent entre eux…des trucs hyper vulgaires.

Si vous êtes une femme, vous avez de fortes chances d’avoir été victime. Si vous êtes un homme vous avez peut être été témoin d’une situation semblable !

En avril 2015, le rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre hommes et femmes, montrait que 100% des utilisatrices des transports en commun ont été harcelées dans les transports, au moins une fois dans la vie !

Vous avez sans doute remarqué les affiches et panneaux numériques dans les métros, gares et transports en commun de plusieurs grandes villes qui montrent, de manière parfois crue, les situations auxquelles nous les femmes pouvons être confrontées quotidiennement. Il y a aussi celles qui rappellent les numéros d’urgence pour demander de l’aide, et le hashtag #HarcèlementAgissons sur les réseaux sociaux.

Même si le harcèlement de rue est de plus en plus dénoncé par le gouvernement, par les associations ou par les médias, une enquête récente m’a interpelée :

En juin dernier, lors du Salon européen des Transports Publics, La Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports a présenté le résultat d’une enquête menée auprès de 6227 femmes. 90% d’entre elles ont déjà été harcelées, mais ce que je trouve encore plus grave, c’est que plus de la moitié de ces femmes ont décidé d’adapter leur tenue vestimentaire pour avoir la paix ! Elles évitent même de se déplacer à certaines heures. Pourtant, ça ne sert strictement à rien !!! Cette même étude montre qu’il n’y a pas de moment plus ou moins propice au harcèlement.

L’étude met aussi en lumière le manque de réaction des témoins qui, dans 90% des cas, font semblant de ne pas remarquer, alors que sept harcèlements sur dix s’apparentent à des infractions pénales !

Ce n’est pas à nous, en tant que femmes, d’adapter notre tenue ou nos déplacements pour ne pas nous faire harceler, c’est aux harceleurs de comprendre que leur comportement n’est pas acceptable.

De toutes manières, peu importe si on est en jean, survêtements, jupe, talons ou baskets, les harceleurs ne vont pas s’arrêter si la société entière ne dit pas stop !

campagne-harcelement-agissons

J’ai même été témoin de situation où les personnes étaient un petit peu plus acharnées sur la fille en question et personne qui bouge.

Et si vous êtes témoins de ces scènes, intervenez ! Que vous soyez homme ou femme, intervenez, ne laissez pas faire, ne mettez pas vos écouteurs, ne vous cachez pas derrière votre journal. Intervenir ne veut pas forcement dire chercher la confrontation : vous pouvez faire semblant de connaître la victime ou de lui demander un renseignement. Quelques mots peuvent suffire à renverser une situation.

Oui ! Ce sont bien vos histoires, s’il s’agissait de votre femme, de votre fille ou de votre sœur, elles le seraient. Il n’y a donc pas de différence à faire….

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