35% des français envisagent d’acheter une voiture électrique !

Recharge sur l'éclairage public

A l’occasion de la Semaine Européenne de la Mobilité (du 16 au 22 septembre), l’Avere-France et Mobivia dévoilent les résultats de leur 4ème baromètre réalisé par l’Institut IPSOS sur « Les Français et la mobilité électrique ». Premier résultat : 35% des français sont prêts à passer à la voiture électrique. 

Les Français se disent de mieux en mieux informés sur les solutions de mobilité électrique et 35% d’entre eux envisagent l’acquisition d’une voiture électrique. Ce virage se négocie entre la nécessité d’assurer leur mobilité au quotidien et la préoccupation de préserver l’environnement et la qualité de l’air. Néanmoins, les résultats du sondage montrent que le passage à l’électrique est encore souvent freiné par des références et réflexes liés aux véhicules diesel et essence classiques.

Des Français enclins à changer leurs habitudes de mobilité

Les 3/4 des Français affirment être prêts à changer leurs habitudes de mobilité pour contribuer à améliorer la qualité de l’air. Si cet indicateur enregistre au global un léger recul par rapport à 2016 (- 5 pts), la part de Français se déclarant tout à fait prêts à se diriger vers une mobilité plus vertueuse progresse (22 %, + 3 pts). Aujourd’hui, les Français utilisent moins leur voiture : 58 % d’entre eux conduisent leur voiture 4 fois par semaine ou plus, (- 2 pts par rapport à 2016, – 5 pts, par rapport à 2014). Par ailleurs, les distances quotidiennes parcourues continuent également de baisser : en moyenne 29 kilomètres par jour (contre 31 en 2016). Seuls 20 % d’entre eux roulent plus de 50 kilomètres par jour (- 3 pts / 2016).

De plus en plus de Français ayant testé l’électrique, notamment parmi les jeunes et les cadres

Près d’1 Français sur 4 (22 %) a déjà testé une voiture électrique, en tant que conducteur (11 %) ou passager (11 %). Cette proportion augmente de 4 points par rapport à 2016 et de 10 points par rapport à 2014 ! On note une hausse de 15 points auprès des moins de 35 ans (de 12 % en 2014 à 27 % en 2018) et de 19 points auprès des cadres (de 21 % à 40 %).

Des Français globalement de mieux en mieux informés… sauf sur les infrastructures de recharge et les aides publiques.

Les Français s’estiment aujourd’hui de mieux en mieux informés sur le prix d’un véhicule électrique (36 %, + 12 points / 2012, + 3 points / 2016), sur l’offre de véhicules électriques (31 %, + 11 points / 2014, + 4 points / 2016). En revanche, 61 % (+ 3 points / 2016) se disent mal informés de la manière dont on recharge un véhicule électrique ou sur les aides publiques pour l’achat d’un véhicule électrique (73% estiment être mal informés sur les aides publiques pour l’achat d’un véhicule électrique – même si cet aspect s’améliore ; + 10 points de bien informés versus 2014, + 3 points / 2016). Le niveau d’information des Français sur les véhicules électrique continue de s’améliorer sensiblement, même s’il reste encore à un niveau insuffisant. L’information reste un levier important à développer.

Les intentions d’achat restent stables

L’intention d’acheter un véhicule électrique est stable par rapport à 2016 (35 %), après un bond de 7 points entre 2014 et 2016. Parmi les plus enthousiastes, on retrouve les hommes (40 %), les 18-24 ans (46 %), les cadres (43 %), les mieux informés sur le véhicule électrique (45 %), ceux qui l’ont déjà testé (49 %) et ceux qui ont la possibilité de recharger (47 %).

Nouveauté ! Le marché des véhicules électriques d’occasion représente une nouvelle donne économique

Près des 2/3 des sondés (64 %) qui se déclarent prêts à acheter une voiture électrique pourraient se tourner vers l’occasion. La première motivation est d’acheter un véhicule électrique à moindre coût (pour 42 %), suivie de la possibilité de pouvoir bénéficier d’aides financières (34 %) et de réaliser des économies à l’usage (charge et entretien) (26 %).

Une image de la voiture électrique qui s’étiole un peu… sauf pour ceux qui l’ont testée !

Si la perception du véhicule électrique reste globalement très bonne, elle se détériore légèrement cette année. En moyenne, les adjectifs innovante, sécurisante, confortable, respectueuse de l’environnement, économique, fiable, pratique… associés à la voiture électrique restent validés à 73 %* (versus 80 %* en 2016). Pour ceux qui l’ont testée, elle est avant tout innovante (86 %), agréable à conduite (86 %) et respectueuse de l’environnement (78%).

…avec des freins qui persistent…

Les inconvénients pointés par les sondés restent une autonomie limitée (52 %) et le prix à l’achat (41 %). Suivent le coût des batteries (25 %, + 2 points / 2016) et le manque d’infrastructures de recharges (22 %). A noter, l’impact des batteries sur l’environnement préoccupe davantage (20 %, + 6 points/ 2016).

Les attentes des Français à l’égard de leurs municipalités restent fortes

73 % des Français souhaiteraient que leurs municipalités remplacent leur parc de bus essence ou diesel par des bus électriques, 71 % qu’elles développent les infrastructures de recharge dans les rues, 70 % qu’elles proposent des aides publiques pour encourager les particuliers à acheter des véhicules électriques et 49 % qu’elles mettent en place un service d’auto-partage en libre-service.

Notre conclusion

Il n’appartient pas qu’aux constructeurs de communiquer sur la voiture électrique. Cette étude montre que le travail est correctement fait et qu’il porte ses fruits. Les gammes sont correctement présentées. Il serait intelligent de matérialiser et de se concentrer sur l’usage lors des prochaines campagnes de communication. Pourquoi ne pas valoriser le TCO* et rassurer sur la VR** de ces véhicules ? Informer sur le cycle de vie des batteries ne serait pas un luxe. Leur technologie évolue (arrivée prochaine des batteries à électrolytes solides), sont-elles vraiment polluantes à la production ? Combien de temps durent-elles ? Que deviennent-elles après l’usage automobile ? Achat ou location ?

Il est important que tout l’écosystème de la mobilité automobile électrique rassure les automobilistes à l’usage de la voiture électrique. Les réseaux de recharge, par exemple, sont trop absents voir invisibles. Ils ne sont pas les seuls à pointer du doigt, un trop grand nombre d’acteurs du marché se font porter pâle lorsqu’il s’agit de communiquer.

Les réseaux de distribution devraient progressivement intégrer la gamme électrique pour faciliter sa pénétration sur le marché auto. Le VO qui se matérialise doit être utiliser pour permettre à tous d’accéder à la voiture électrique. Les marges seront au rendez-vous.

Les aides publiques doivent être plus claires, plus simples et plus accessibles. Les rendre visibles n’est pas très compliqué, encore faut-il le vouloir…

Le marché est là, la demande aussi, aux professionnels de converger vers l’intérêt commun.

 

*TCO : coût de détention d’un véhicule

**VR : Valeur résiduelle d’un véhicule soit sa valeur de revente.

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