Fin de la prime à l’achat d’un VAE, les professionnels montent au créneau !

Prime VAE

Mise en place le 20 février 2017, la prime pour l’achat de vélos à assistance électrique (VAE) d’un montant de 20% du prix d’achat dans la limite de 200 euros rencontre un vif succès. Alors pourquoi l’arrêter ? Les professionnels de la distribution de vélos électriques* défendent ce bonus et son bilan.

150 000 primes ont été sollicitées au 15/9/17 et les ventes VAE ** devraient donc accentuer leur progression avec un effet direct sur l’usage du vélo et le rééquilibrage des modes de déplacement ainsi que l’amplification de ses bénéfices sur la santé, l’environnement et l’emploi.

Le décret du 16 février 2017 dispose que cette aide à l’achat prend fin au 31 janvier 2018, ce qui n’est pas le cas du bonus pour le véhicule et le cyclomoteur électriques. Dans le cadre du grand chantier que vient d’ouvrir le Gouvernement pour l’amélioration de la mobilité du quotidien et compte tenu de la dynamique de transfert modal qu’entraîne l’usage du VAE dans notre pays, qui tend ainsi à rattraper ses voisins européens, la pérennisation de cette mesure doit figurer sur la feuille de route du ministère de la Transition écologique et solidaire notamment en préparation du projet de Loi de finances pour 2018.

Une dynamique de transfert modal sans précédent

L’étude réalisée par l’Ademe en 2016 démontre l’impact du VAE sur la mobilité décarbonée. La moitié des bénéficiaires d’une aide à l’achat d’un VAE opte pour cette alternative à la voiture pour les trajets jusqu’à 15 km. Les Français plébiscitent le VAE qui séduit de nouveaux publics encore hésitants vis-à-vis du vélo traditionnel. L’Ademe observe, dans son étude qui porte en 2016 sur les dispositifs d’aide des collectivités, que ces primes sont davantage sollicitées par les femmes (58%). Et qu’elles touchent à 58% les usagers de 50 ans et plus. Les deux principaux motifs d’utilisation du VAE sont utilitaires : à 75% pour se rendre au travail et à 88% pour faire des courses. Le motif loisir n’est donc pas majoritaire.

Combinaison gagnante

Le VAE et l’intermodalité VAE-transports collectifs permettent d’élargir considérablement le domaine de pertinence de la pratique du vélo. La portée du mode vélo est augmentée par le VAE de 120% selon l’étude l’Ademe. Les résultats de nombreuses enquêtes mettent en évidence que les distances des trajets domicile-travail effectuées en VAE sont comprises entre 7 et 9 km. Très nettement supérieures au trajet moyen réalisé par les personnes qui se rendent au travail à vélo actuellement.

L’assistance électrique élargit également le champ des possibles en matière de transport de charges et de personnes à vélo. La cyclo-logistique est en plein essor dans plusieurs agglomérations.

Le segment du vélo électrique est porté par les achats des particuliers. Mais les entreprises et les collectivités, éligibles à la prime l’achat de VAE, s’équipent de plus en plus. Le VAE est le champion de la démotorisation lorsque on favorise sa combinaison avec le train ! 14% des usagers d’un VAE abonnés à une consigne en gare se sont séparés d’une voiture suite à leur abonnement et 6% ont renoncé à l’achat d’une voiture (Ademe, 2016).

Un gisement d’emplois non délocalisables

Soutenir le VAE est un investissement rentable comme le montrent les observations conduites en France et l’étude réalisée par l’European Cyclists’ Federation sur les incitations fiscales à l’écomobilité. L’Autriche a développé le marché du VAE le plus important d’Europe grâce à plusieurs niveaux de prime à l’achat (national, régional et local). En France, près de 40% des VAE vendus chaque année sont français et le déploiement du réseau des points de vente et d’entretien réparation de vélos et de VAE, avec leur retour dans les centres villes, est boosté par l’essor des ventes de VAE depuis quelques années.

Ces acteurs économiques locaux représentent une composante indispensable du déploiement d’un véritable « système vélo » Les emplois qualifiés créés dans ces points de vente et de réparation ne doivent pas être fragilisés par l’arrêt incompréhensible d’un dispositif d’aide qui commence à faire ses preuves. Tout aussi incompréhensible serait la décision de ne pas le reconduire sans attendre l’évaluation de ce dispositif récent, mis en place en février dernier, et de l’enquête sur l’usage du VAE qui a été proposée aux bénéficiaires de l’aide.

Le maintien de la prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique est un puissant levier au service de la mobilité du quotidien, décarbonée, active donc bonne pour la santé, créatrice d’emplois dans les territoires. Elle s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Gouvernement pour une transition vers une mobilité propre qui flèche 12,5 % de part modal vélo en 2030***.

 

 

* Le Club des villes et territoires cyclables, la Plateforme du vélo et des mobilités actives, le Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA) et la filière 2-roues FNCRM du CNPA.

**  Pour rappel, depuis 2015, on vend chaque année en France plus de VAE que de cyclomoteurs.

*** Stratégie de développement de la mobilité propre, 2017.

Amazon_X-mas_3