Auto-écoles virtuelles : le syndicat s’énerve (CNPA)

Sécurité Routière : non, l’apprentissage libre n’est pas la solution !

UFC-QUE CHOISIR vient de faire paraître une enquête sur le coût du permis de conduire. Le CNPA regrette avant toute chose de ne pas avoir été associé à ce travail, afin de pouvoir expliquer le modèle économique d’une école de conduite et les principes de la sécurité routière. Les solutions proposées par l’association sont de fausses bonnes idées, pour la sécurité de tous sur les routes… mais aussi pour le portefeuille des élèves !

Un système d’inscription directe des candidats à l’examen pratique ?
Est-ce que les lycéens s’inscrivent seuls au baccalauréat quand ils se jugent prêts ? Seul un enseignant professionnel peut déterminer si l’élève a les capacités pour se présenter à l’examen, dans son intérêt, mais aussi dans l’intérêt du système : avec l’inscription libre, le risque est de voir les élèves demander à passer le permis trop tôt, être nombreux à échouer et ainsi augmenter les délais d’attente, qui sont pourtant en train de diminuer dans tous les départements. En effet, la loi dite Macron a instauré un service universel du permis de conduire.

Un cadre juridique favorable à l’auto-école en ligne ?
Toutes les écoles de conduite sont déjà en ligne ! L’agrément préfectoral montre la confiance de l’Etat dans un établissement. Pour que l’établissement en question soit digne de confiance, il faut qu’il respecte des moyens minimums pour un apprentissage de qualité : un local, pour recevoir tous les élèves, sans distinction, et dispenser des cours collectifs ou particuliers ; une équipe pédagogique qui assure le suivi de l’apprentissage de l’élève ; un programme européen respecté et évalué, avec 20 heures de conduite pratique minimum.
L’auto-école physique n’est pas une fantaisie : elle est le seul moyen de contrôle (y compris URSSAF) de l’État sur les écoles qui forment nos jeunes à la sécurité routière.

Un statut d’accompagnateur professionnel certifié ?
Les écoles de conduite encouragent et proposent obligatoirement la conduite supervisée et la conduite accompagnée aux apprentis conducteurs, qu’ils optent pour une formation traditionnelle ou non.
Les jeunes qui se forment aux métiers du bâtiment ou du transport, se forment à la conduite via la conduite encadrée et dans ce cadre, la fonction d’accompagnateur est assurée par leur maître d’apprentissage et des aides substantielles leur sont octroyées.
La plupart des jeunes ont dans leur entourage, lié à leur famille ou non, un ou plusieurs accompagnateurs avec des véhicules qui peuvent les accompagner bénévolement pendant leur phase de conduite accompagnée.
Créer un statut d' »accompagnateur professionnel certifié » reviendrait à créer une strate supplémentaire certainement coûteuse, c’est une fausse bonne idée qui complexifiera encore plus le dispositif au lieu de le simplifier.

Une refonte de l’information précontractuelle ?
Les écoles de conduite, comme tous les prestataires de service, ont l’obligation d’afficher leurs tarifs à l’intérieur et à l’extérieur du local. Elles sont soumises à des contrôles réguliers de la DGCCRF.
Le contrat ne se fait pas sans évaluation préalable, pour laquelle les écoles de conduite se sont battues, afin de la conserver et de garantir à l’élève, une évaluation du nombre d’heures nécessaires à la formation la plus juste possible.

L’affichage du taux de réussite
Une idée alléchante mais parfaitement contreproductive voire démagogique : se faisant on va pénaliser les écoles de conduite situées dans des zones plus difficiles, où les publics sont en difficulté, où l’environnement urbain et routier est compliqué ; ces mêmes zones où un apprentissage de proximité est nécessaire !

Trop cher le permis ?
Le permis de conduire est un permis pour la vie, dans tous les sens du terme.
Les marges dégagées par les écoles de conduite sont résiduelles, elles se classent en bas du classement des prestataires de services. Sur une heure de conduite, l’établissement dégage en moyenne moins de 2 euros de marge nette.
Il existe plusieurs leviers que pourraient actionner l’État, pour aider les jeunes à financer leur permis :

  • la baisse du taux de TVA, aujourd’hui à 20%, à 5,5 % ;
  • la création d’un livret d’épargne sécurité routière ;
  • Une refonte du permis à un euro par jour pour que le système soit réellement efficace…
 Pour aider les jeunes dans leurs recherches, le CNPA a créé une application qui sera prochainement lancée : www.monpermiszen.fr
Ne laissons pas s’installer l’idée que tout le monde peut être enseignant de la conduite :
il en va de la sécurité de tous sur les routes !
Communiqué de presse